Wikia Forge d'encre2015
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« Asseyez vous les enfants, et passez moi un mug... La journée a été rude.

-Papi, tu vas pas bien ?

-Mais si, je vais bien mon p'tit bout. J'ai juste mal là ou mes vrais yeux étaient, autrefois.

-Tu nous raconte une histoire ? »

Le vieil homme lève la tête vers son fils d'adoption, un sourire résigné aux lèvres.

« Ne me regarde pas comme ça papa, tu les as habitués, tu te débrouilles dit celui-ci en bourrant sa pipe. Et puis ils attendent ça depuis une semaine. »

Le vieil homme se calant plus confortablement dans sa chaise à bras, tirant de sa poche un morceau de viande séchée qu'il se mit a mastiquer. Une odeur de nourriture et de thé rouge flottait dans la pièce, et un air de sérénité semblait se dégager du l'ensemble.

« Et si j'vous racontais les enfants, comment j'ai perdu mes yeux et trouvé vot' père ?

-Ouiiii !

-C'est parti alors... On est il y a 45 ans maintenant. J'étais un jeune demeuré, qui comme beaucoup d'autres jeunes demeurés, était parti faire la guerre à une planète voisine parce qu'on m'avait dit qu'ils étaient contre nous. On a passé beaucoup de temps à éviter de mourir en essayant de battre les gars d'en face, pendant que les généraux faisaient les beaux à l'arrière pour nous motiver. Un peu comme toutes les guerres quoi.

Même que votre grand père a bien failli se faire bombarder héros d'guerre ! Et j'dis bombarder, c'est pas peu dire, j'ai descendu un bombardier avec ma p'tite DCA. Un coup d'chance que j'me suis dit, j'me souviens bien. Et puis le vaisseau à commencé à s'écraser droit sur nous, tout en vidant son reste de cargaison de plus en plus prêt de nos tronches. Et là vot' papi, qu'était pas très fut-fut hein faut bien l'admettre, à continué à tirer sur l'machin. Autant de chance que de tuer un frelon de guerre à coup de figues molles. Et pourtant... J'ai eu un deuxième coup d'chance, et j'ai fait pété une bombe alors qu'elle était encore dans la soute du merdier. Oh c'te feu d'artifices... Et au lieu d'un très gros machin prêt à nous rouler sur la tronche, on a eu le droit a la pluie de petits machins qui n'ont que cassé la jambe d'un gars, défiguré un autre et m'ont crevé un oeil. Alors bon ces empaffés de galonnés m'ont collé une médaille, et m'ont mis au repos un moment. C'est comme ça que j'suis pas mort. Parce qu'ils ont commencé à jouer salement en face. Et puis nous aussi. Et une de leurs saloperie à réagit à l'une des nôtres. Comme quoi c'était imprévisible. Mon c...

-Papa, langage.

-Oh pardon. Bon j'y croyais pas moi, à l'accident. Toujours est-il que c'était le H4P86. Un nanovirus, organométallique. L'hérésie ! Ça gueulait au scandale de partout ! Et ça crevait de partout aussi. Parce que normalement, un virus, ça vit que dans les cellules vivantes. Mais comme c'était associé a des foutus nanovirus qui bouffaient tout, ce truc se reproduisait à une vitesse folle. Et les effets, les enfants... Ça s'attaquait au plus complexe d'abord. Les gens devenaient fous, cons-

-Papa...

-Oui bon, débiles, et puis stériles aussi, les gamins crevaient encore dans l'ventre de leur mère... Moi, j'ai pas eu la première vague. J'étais parti m'requinquer au soleil, sur une lune du système Scandarin, bon pas le trucs pour super riches hein, mais un truc bien choucar quand même. J'continue. Donc moi j'prends la deuxième vague. Celle qu'ils ont essayé de neutraliser avec des rayons chépaquoi. Ça a presque marché hein, beaucoup moins d'morts, mais j'ai quand même perdu mes mirettes en quelques jours.

Et puis on a vu arriver un type, et quand j'dis on a vu j'parle pas d'moi hein, hahahaha tousse, et ce type, c'était un espion du camp d'en face. Et il avait passé tellement de temps a prétendre être un gars d'chez la Hydra Xenotech, qu'il s'y connaissait autant qu'les pontes. Et il a commencé à donner des trucs pour qu'les organos trouvent comment lutter contre leur prop' virus et la partie nanomachine en même temps. A c'moment là, il est d'venu un symbole d'l'espoir dans la galaxie. Punaise il s'appelait comment déjà... Ah ouai, Mao Kuan-Yin ! Un bridé, il a renversé la vapeur !

C'est qu'ils avaient pas réussi a endiguer le merdier avant que ça s'ballade dans la moitié d'lespace connu. On en a perdu du bonhomme, presque un gars sur dix. Moi, ils m'ont collé la première paire d'yeux compatible, et j'me suis retrouvé à faire du non-gouvernemental.

-Et c'est comme ça que t'as trouvé tes yeux ?

-attend p'tit bout, j'ai presque fini. Parce que oui, mes yeux j'les ai eu comme ça, une chirurgie a l'arrache entre deux containers sur un camp de blessés. Mais c'est en évacuant une maison qu'j'ai failli les reperdre. Y avait encore d'la vie la d'dans, mais tout p'tit, et quand j'ai voulu l'récupérer, la moitié dl'a maison m'est tombée d'ssus. Tu parles d'une chance ! J'ai eu les yeux éraflés par un éclat d'verre, et la cornée était ravagée. Y'm'sortent du trou, l'bébé dans les bras. Ils ont du m'réopérer d'l'oeil. Troisième fois d'la guerre, j'l'avais mauvaise ! Mais bon, ça s'est bien fini, même si la dernière greffe me colle des migraines.

-Et le bébé il est devenu quoi papi ?

-Bah il avait plus d'parents, alors... »

Le vieux lève la tête, l'oeil rieur. Les enfants se tournent, regardant leur père, la compréhension apparaissant sur leur visage.

« le bébé a bien grandit, non ? » dit le père souriant, en leurs faisant signe de se lever. Il rassemble les enfants rapidement.

« Ca va aller papa ? Tu ne te fais plus tout jeune...

-Mais arrête de t'en faire gamin... Tu l'sais bien, j'ai encore bon pied bon œil ! ».

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